Pauline Vanderquand : « UMAY permet de signaler une agression ou du harcèlement, dans la rue ou dans les transports »

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La rédaction

Fondatrice de l’application UMAY, Pauline Vanderquand a pour ambition de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, notamment dans la rue et les transports. Au micro de Cynthia Illouz, fondatrice du média The Women’s Voices, Pauline Vanderquand explique comment utiliser l’application anti-harcèlement, que l’on soit victime ou témoin.

Comment avez-vous eu l’idée de créer cette application ?

L’idée est venue tout simplement parce que j’ai été victime à multiples reprises d’agressions. Puis il y a eu la fois de trop, où, en sortant un peu tard du travail, un homme m’invectivait dans la rue et me menaçait de me violer. Je suis passée dans un quartier animé de la ville où j’habitais à l’époque, Aix-en-Provence, et j’ai demandé de l’aide à un vigile à l’entrée d’un bar. Le vigile m’a dit : « Bah, si vous ne rentrez pas consommer, ce qui se passe dans la rue, ça reste dans la rue. »

Donc, suite à ça, j’ai quand même réussi à rentrer chez moi saine et sauve. Et de là, en 48 heures, est née l’idée de créer une application mobile, où l’on pourrait retrouver tous ces commerces prêts à mener une action solidaire, citoyenne et bienveillante, en ouvrant leurs portes pour aider les personnes qui en ont besoin.

Est-ce qu’on peut utiliser aussi votre application lorqu’on est, pas victime, mais témoin ?

Oui, tout à fait. Quand on est témoin, on a un réel rôle à jouer, et on invite vraiment au maximum les personnes, les femmes, mais aussi les hommes bien évidemment, à utiliser UMAY, parce que c’est un fléau qui nous concerne tous. Les violences sexistes et sexuelles sont un problème de société. Et quand on est témoin, on peut aussi signaler, on peut indiquer qu’on est témoin. Souvent, les témoins nous disent : « Ben, j’ai peur. » Et c’est tout à fait légitime d’avoir peur, c’est normal.

Nous allons donc guider les témoins à utiliser des phrases, des astuces, des outils qui ne vont pas les mettre en danger, mais qui vont offrir une porte de sortie à la victime. Une phrase toute simple, quand on est dans un transport en commun, c’est tout simplement de demander l’heure, ou si l’on a déjà passé tel ou tel arrêt.

Demander si l’on est bien dans le bus ou le métro qui va dans telle direction permet de couper la scène de harcèlement, d’interrompre le moment qui a lieu. Cela offre une réelle possibilité à la victime de se déplacer, de sortir, et l’auteur des faits, le harceleur, est ainsi occupé, détourné de son objectif.

Comment est née la collaboration avec Transdev ?

Transdev, c’est eux qui ont eu envie de travailler avec nous et qui nous ont invités à créer, à repenser un format de l’application pour l’adapter au monde des transports, afin que les usagères des transports puissent elles aussi signaler les faits qui se passent, que ce soit dans un bus, un métro, un tramway, ou tout autre mode de transport. Leur service de sécurité pourrait ainsi recevoir ces signalements et envoyer directement les équipes de sécurité sur le terrain, car les transporteurs sont évidemment concernés par ce fléau. Il s’agit réellement d’un fléau lorsqu’on parle des violences sexuelles.

Ça les concerne, ils ont des lois aussi qui leur demandent d’agir pour essayer d’éliminer ce phénomène. Transdev a donc vraiment eu envie de pouvoir développer notre outil mobile et de l’adapter au monde des transports.

#5000VOICES est une initiative rendue possible grâce à nos partenaires EngieAccor, Transdev, La Fondation RAJA, Aurel BGC, Veolia et Mastercard.

Retrouvez l’intégralité de l’interview en podcast sur SoundCloud : 

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